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Fauteuil après une prothèse de hanche : l'assise qui protège la nouvelle articulation

On sort de la clinique avec une hanche neuve, deux cannes et une liste de consignes. Puis on rentre chez soi, et le premier piège attend dans le salon : le fauteuil de toujours, bas, moelleux, trop profond.

Personne ne l'a mesuré avant l'opération. C'est pourtant lui qui décide, dix fois par jour, si la hanche plie au-delà de ce qu'elle peut encaisser.

Par
Constantin Megrelis

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white and black cat on brown sofa

En France, on pose environ 150 000 prothèses totales de hanche par an. L'intervention est maîtrisée. Le retour à la maison, beaucoup moins. Parce que le danger des premières semaines ne vient pas du bloc opératoire. Il vient des meubles.

Cet article parle d'un seul objet : le fauteuil après une prothèse de hanche. Pas de la salle de bains, pas de l'escalier. Nous avons déjà traité l'aménagement complet du domicile après une prothèse de hanche. Ici, on s'assoit. Et on apprend à se relever sans rien casser.

Le fauteuil, premier ennemi de la hanche opérée

L'Assurance Maladie le rappelle sans détour : le risque de luxation de la prothèse est présent pendant les trois premiers mois environ. Trois mois pendant lesquels certains gestes sont à bannir.

Les Hôpitaux universitaires de Genève en dressent la liste dans leurs conseils pratiques après une prothèse totale de hanche : pas de rotation forcée, pas de jambes croisées, pas de flexion de hanche au-delà de 90 degrés. Et, noir sur blanc, une consigne qui concerne directement votre salon : éviter un fauteuil trop bas.

Or un fauteuil trop bas, c'est l'immense majorité des fauteuils. Le canapé qui avale, le club en cuir, la bergère de famille. Au moment de s'asseoir, les genoux montent plus haut que les hanches. L'angle se referme. Et c'est précisément le mouvement qu'on vous a demandé d'éviter.

Les consignes exactes varient selon la technique opératoire et selon votre chirurgien. C'est lui qui tranche. Mais la logique du fauteuil, elle, ne change pas.

La règle des 90 degrés, traduite en centimètres

Quatre-vingt-dix degrés, c'est abstrait. Un mètre ruban, ça ne l'est pas.

La règle donnée par l'équipe des HUG est simple : la hauteur du siège doit être au moins égale à la distance entre le sol et votre genou. Assis, les hanches doivent donc se trouver au niveau des genoux ou un peu au-dessus. Jamais en dessous.

Mesurer sa propre hauteur d'assise

Asseyez-vous pieds nus sur une chaise de cuisine, dos droit, pieds à plat. Mesurez du sol jusqu'au creux derrière le genou. Ajoutez la hauteur de vos chaussures d'intérieur. Vous avez votre chiffre plancher.

Ensuite, mesurez votre fauteuil actuel, coussin compris, en appuyant un peu : c'est sa hauteur une fois qu'on est dedans qui compte, pas celle de la vitrine. Si le chiffre est inférieur à votre hauteur plancher, le verdict tombe. Nous détaillons la méthode dans notre article pour choisir une chaise à la bonne hauteur.

Attention à l'excès inverse. Trop haut, les pieds ne touchent plus le sol, le poids bascule vers l'avant et la personne glisse. On a écrit sur les limites d'une assise trop haute : la bonne hauteur est une hauteur exacte, pas une hauteur maximale.

La profondeur et l'inclinaison, les oubliés

Une assise trop profonde oblige à se tasser vers l'arrière pour trouver le dossier. Le bassin bascule, la hanche se ferme. Le résultat est le même qu'avec un siège trop bas.

Même chose pour un dossier très incliné ou une assise qui plonge vers l'arrière. Une assise plutôt plane, ferme, avec un dossier qui soutient sans renverser : c'est la géométrie qui garde l'angle ouvert.

Des accoudoirs, sinon rien

Après une prothèse de hanche, on ne se relève plus avec les jambes. On se relève avec les bras. Les accoudoirs deviennent le vrai moteur du geste.

Ils doivent être solides, à bonne hauteur, et surtout arriver assez loin vers l'avant pour offrir une prise au moment où l'on pousse. Un accoudoir court, mou ou décoratif ne sert à rien. Il donne l'illusion d'un appui et se dérobe au pire moment.

Le geste enseigné en rééducation est toujours le même : avancer au bord de l'assise, tendre légèrement la jambe opérée vers l'avant, pousser sur les deux accoudoirs, se redresser. Sans pencher le buste loin en avant. Si vous hésitez encore, voici notre réflexion sur la chaise avec ou sans accoudoirs. Après une hanche, la question est réglée.

Fauteuil fixe, fauteuil releveur ou coussin : ce qui marche vraiment

Trois familles de solutions existent. Aucune n'est mauvaise en soi. Elles ne répondent pas à la même durée ni au même état.

Le fauteuil fixe à la bonne hauteur

C'est la solution la plus simple quand la personne se relève bien avec les bras. Une assise ferme à la bonne hauteur, des accoudoirs francs, une structure en bois massif qui ne bouge pas. Pas de moteur, pas de télécommande, rien à recharger.

Tout se joue sur la hauteur. D'où l'intérêt d'un fauteuil fabriqué à vos mesures plutôt qu'un modèle standard qu'on bricole ensuite. Nous en parlons dans choisir un fauteuil qui aide à se relever.

Le fauteuil releveur électrique

Le mécanisme soulève doucement l'assise et amène la personne presque debout, jambes tendues. La hanche n'a plus à se refermer pour prendre son élan. Pour les premières semaines, quand les cannes sont encore là et que la force manque, c'est souvent le choix le plus sûr.

Deux points à vérifier. Le relevage doit être progressif, sans à-coup. Et la position de repos ne doit pas renverser le buste trop loin en arrière, sinon on retrouve l'angle fermé. Le débat entre fauteuil releveur à un ou deux moteurs prend ici tout son sens : deux moteurs permettent de régler le dossier et le repose-jambes séparément.

Reste l'objection esthétique. Le releveur a mauvaise réputation, souvent à raison : simili blanc, housse plastifiée, silhouette d'hôpital. Ce n'est pas une fatalité, c'est un choix de fabricant. On l'a dit dans le fauteuil releveur design, ce que personne ne vous dit avant d'acheter.

Le coussin et les plots, solution de transition

Un coussin en mousse dense sur le fauteuil existant, ou des plots sous ses pieds : c'est ce que recommandent les équipes hospitalières des HUG pour gagner quelques centimètres. Ça dépanne. Ça ne dure pas.

Le coussin glisse, s'écrase, se déplace. Les plots rendent le meuble instable si le sol n'est pas parfaitement plan. Et un coussin posé sur une assise molle ne change rien à la profondeur. C'est une rustine pour trois mois, pas une réponse pour vingt ans.

Les pièges qui referment la hanche

Certains fauteuils sont à écarter pendant toute la période de convalescence, même s'ils sont beaux, même s'ils sont là depuis trente ans.

  • Le fauteuil à roulettes : l'Assurance Maladie déconseille explicitement de s'asseoir sur un siège à roulettes quand la marche est fragile.
  • Le fauteuil à bascule : il bouge au moment exact où l'on cherche un appui stable.
  • Le pivotant sans blocage : il tourne quand on pousse, et invite à la torsion du bassin. Un pivotant n'a de sens que s'il se verrouille, comme nous l'expliquons à propos des fauteuils releveurs pivotants.
  • Le canapé profond ou d'angle : on s'y enfonce, on s'y tasse, on croise les jambes sans y penser.
  • Le pouf et le tabouret bas : aucun appui pour les bras, aucune hauteur.

Et un réflexe à perdre, quel que soit le siège : croiser les jambes. C'est un des mouvements luxants les plus fréquents. Un fauteuil bien dimensionné aide aussi à ça, parce qu'on y tient droit sans chercher sa position.

Un fauteuil pour trois mois ou pour vingt ans

La tentation est forte de voir le fauteuil comme un achat de convalescence. On loue, on bricole, on attend que ça passe. Puis on rend tout, et on retrouve le vieux canapé.

C'est oublier une chose. Une hanche opérée l'est souvent parce que l'arthrose a déjà usé l'autre. Et la bonne hauteur d'assise, les accoudoirs solides, l'assise ferme ne servent pas qu'à la convalescence. Ils servent à rester maître chez soi pendant les années qui suivent.

Alors autant choisir un fauteuil qu'on a envie de garder. Du bois massif, un tissu qui vieillit bien, une ligne qui a sa place au salon et pas dans une chambre d'hôpital. Le même soin que pour le lit : la logique est identique à celle de notre article sur la bonne hauteur de lit.

Financer le fauteuil après une prothèse de hanche

En règle générale, l'Assurance Maladie ne rembourse pas un fauteuil de salon, même releveur. Il existe en revanche d'autres portes.

Pour les personnes de 60 ans et plus en perte d'autonomie, l'APA à domicile peut financer des aides techniques et l'aménagement du logement, selon le plan d'aide établi par le département. Nous avons détaillé ce que l'APA finance pour l'aménagement du logement.

Les caisses de retraite proposent aussi des aides au retour à domicile après une hospitalisation, et certaines mutuelles prévoient un forfait. Le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr recense les interlocuteurs de votre département. Et notre page financement récapitule les pistes que nous connaissons.

Un conseil : faites la démarche avant l'opération, pas après. Les délais d'instruction se comptent en semaines. La hanche, elle, n'attend pas.

Questions qu'on nous pose

Quelle hauteur de fauteuil après une prothèse de hanche ?

Au minimum la distance entre le sol et le creux de votre genou, chaussures comprises, mesurée assise tassée. Les hanches doivent rester au niveau des genoux ou légèrement au-dessus. Le chiffre dépend de votre taille : c'est une mesure personnelle, pas une norme.

Combien de temps faut-il un fauteuil haut après l'opération ?

Le risque de luxation est surtout présent pendant les trois premiers mois, selon l'Assurance Maladie. Votre chirurgien vous dira quand lever les restrictions. Mais une assise haute avec accoudoirs reste un atout bien au-delà, surtout si l'autre hanche est fragile.

Un fauteuil releveur est-il indispensable ?

Non. Si vous vous relevez bien en poussant sur les accoudoirs, un fauteuil fixe à la bonne hauteur suffit. Le releveur devient précieux quand la force manque, quand les deux hanches sont touchées, ou quand la convalescence s'annonce longue.

Peut-on s'asseoir dans son canapé après une prothèse de hanche ?

Pendant les premières semaines, la plupart des canapés sont trop bas et trop profonds. Si vous devez vous y asseoir, gardez la jambe opérée tendue devant vous et ne croisez pas les jambes. Mieux vaut réserver le canapé aux invités, le temps que la hanche se consolide.

Le fauteuil releveur est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

En règle générale, non. L'APA, certaines caisses de retraite et certaines mutuelles peuvent en revanche participer au financement. Renseignez-vous auprès de votre département et de votre caisse avant l'intervention.

Un fauteuil bien choisi, on l'oublie vite. On s'y assoit pour lire le journal, on se relève pour ouvrir aux petits-enfants, sans y penser. C'est exactement le but. Voir nos fauteuils releveurs fabriqués sur mesure, ou notre sélection de fauteuils pour celles et ceux qui ne veulent pas abdiquer.

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